A l’occasion de la journée de visibilité lesbienne, j’ai souhaité vous partager l’une de mes lectures du moment, sur la littérature lesbienne française, trop souvent invisibilisée.
Issu d’un travail de recherche de 5 doctorant·es, ce livre présente et documente, à travers sept chapitres, l’évolution de la littérature lesbienne, bien souvent invisibilisée.
Ecrire à l’encre Violette
Littératures lesbiennes en France de 1900 à nos jours
aux Editions Le Cavalier Bleu
Aurore TURBIAU, Margot LACHKAR, Camille ISLERT, Manon BERTHIER, Alexandre ANTOLIN
Dans la préface, Suzette ROBICHON, journaliste, éditrice et militante, nous parle de sa bibliothèque qui déborde.
Il y a donc bien une littérature lesbienne en France !
S’en suit une longue introduction qui explicite le sujet et tente de définir cette « littérature lesbienne » qui est forcément multiforme, selon le point de vue que l’on porte sur le sujet, ainsi que le contexte du travail effectuée pour écrire ce livre.
De mon point de vue, l’ensemble des textes qui me permettent de comprendre le passé, le présent et d’envisager un futur pour notre cause, est de la littérature lesbienne, que ce soit sous forme d’un roman érotique ou non, d’une étude, d’un article …
A travers ces sept chapitres, nous allons parcourir l’histoire de 1900 à nos jours puisque le dernier chapitre aborde le XXIème siècle.
D’abord en silence, l’émergence se fait discrète, mais de grands noms émergent comme Colette, Renée Vivien, Natalie Barney. Ces autrices, et d’autres, vont connaître un essor entre les deux guerres. Après-guerre, le retour d’un patriarcat envahissant, va imposer une censure qui entravera les autrices et leurs textes.
Puis vient 1969, l’ « Année érotique » va politiser un débat féministe qui permettra au mouvement lesbien d’avoir une parole publique et internationale. A la fin des années 80, le mouvement continue et on voit naître des éditions dédiées, avec des revues comme Vlasta, des éditeurs, KTM éditions, Gaies et Lesbiennes, Double Interligne, certaines étant éphémères comme Cavalières. Il y a foisonnement … des études, des romans, des rééditions sont publiés. C’est l’émergence, entre autres, de Monique Wittig, romancière, philosophe, théoricienne et militante.
Enfin les deux derniers chapitres, que je n’ai malheureusement pas encore eu le temps de lire, abordent « les littératures de l’imaginaire » et le début du XXIème siècle.
Mes impressions après la lecture des six premiers chapitres : hâte de le terminer !
Que du bonheur, même si, parfois, la lecture est un peu ardue. Ce sont des études et ça ne se lit pas comme un roman lesbien de « gare », il faut donc rester bien concentrée pour aborder certains sujets. On y découvre tout un pan de l’histoire lesbien et de ses écrits et ça, ça fait du bien !
C’est un ouvrage que je recommande car plein de références qui donnent envie d’en lire plus encore et de dénicher des œuvres parfois oubliées. Ai-je une bibliothèque lesbienne ? Peut-être, en tout cas, un bon début qui s’étale sur cinq étagères Besta 🙂
Autre point important, en achetant ce livre, vous participer à une bonne action puisqu’un pourcentage des ventes sont reversé au Fond de Dotation Féministe et Lesbien.
Quelques références :
- Le livre aux Editions Le Cavalier Bleu avec des interviews dans la section “Presse”
- La LIG, le Fonds de Dotation Féministe et Lesbien
- La page Wikipédia de Suzette Robichon
- La page Wikipédia de Monique Wittig
A propos des auteur·rices
- Aurore Turbiau, docteure en littérature comparée, est spécialiste des littératures féministes et lesbiennes franco-québécoises des années 1970-1980.
- Alex Lachkar, doctorant, travaille sur la littérature lesbienne contemporaine en France.
- Camille Islert, docteure en littérature, est spécialiste des œuvres de poètes femmes au tournant des XIXe et XXe siècles.
- Manon Berthier, doctorante, travaille sur les lectures féministes de la fantasy francophone et anglophone contemporaine.Alexandre Antolin est docteur en littérature et histoire du genre. Ses travaux portent sur les autrices des années 1950 et les questions de censure.
