Le blog

Joyeuse journée de la visibilité transgenre !

Photo de Inti Tupac Liberman via Pexels

Je ne suis pas là pour vous parler des actes atroces commis envers notre communauté dans de trop nombreux pays. Aujourd’hui, je vais vous parler de visibilité et de modèles, sous le prisme de mon expérience personnelle.

Pour des questions de respect, tous les accords sont faits selon le genre que la personne exprime et revendique aujourd’hui, sans prêter attention au genre assigné à la naissance.

On m’a assigné le genre masculin à la naissance. Pendant des années et des années, je me lamentais d’être née garçon, et j’étais très attirée par tout ce qui était traditionnellement associé au genre féminin, sans comprendre pourquoi, ni ce que ça voulait dire. Alors évidemment, je l’ai caché ; il ne faut surtout pas être trop différent·e dans cette société, sous peine de moqueries, de harcèlement moral et physique, bien que je n’y aie pas échappé, mais pour d’autres raisons.

C’est en 2012, après être arrivée sur Paris que je fais une rencontre qui bouleversa ma vie : celle de V., avec qui j’étais en classe. Nous avions beaucoup de points communs et nous sommes rapidement devenus des amis très proches. Malheureusement, la vie – et mes erreurs – ont mis de la distance entre nous à partir de 2017. Mais c’est deux ans après, alors que nous n’étions plus en contact, que j’apprends qu’il a fait son coming-out transgenre, révélant au monde qu’il est un « p’tit gars ». Moi, je n’y connaissais pas grand-chose, mais j’étais contente pour lui, puisqu’il semblait plus heureux que jamais. Son coming-out m’a fait me pencher sur les questions d’identité de genre. Quelle révélation ! Tant de choses que je considérais comme « normales » n’étaient en fait pas si communes et lorsque je croyais que « tout le monde pense ça », et bien seule une minorité était dans cette situation. Je tombais des nues – par exemple, je croyais véritablement que tous les garçons auraient préféré être nés des filles.

Via un autre milieu, j’avais l’occasion de croiser des personnes transgenres et non-binaires, mais je ne les connaissais pas, donc je ne leur parlais pas. Cependant, leur visibilité m’aida énormément : on peut vivre sa vie comme on l’entend, et étant la personne que l’on désire être. Ce fût durant l’été 2019 que pour la première fois, je remis en question le fait d’être un homme, mais à ce moment-là, je n’étais pas prête à pousser la réflexion plus loin.

C’est en 2021 qu’enfin, alors que je bouillonnais après avoir assisté à une réaction transphobe, que les choses devinrent limpides : j’étais une femme transgenre. À partir de là, j’ai été terrifiée. Je voulais parler à V., même si nous n’avions plus aucun contact et qu’il ne voulait plus en avoir. Mais ce dont j’avais réellement besoin, c’était d’un modèle, d’un·e amie, quelqu’un qui pourrait me comprendre, me rassurer, m’écouter et partager son expérience. C’est via Mobilisnoo que j’ai trouvé cette personne.

On a besoin de modèles, de personnes qu’on peut regarder, et se dire « ah, je ne suis pas seul·e, je suis normal·e. »

Aujourd’hui, on parle des personnes transgenres, nous existons et de plus en plus de gens le savent. Et rien que ça, c’est une bonne chose. Je pense à tous ces jeunes qui, aujourd’hui, comprennent leur transidentité durant l’adolescence, et j’en suis profondément heureuse. Ma vie aurait été très différente si j’avais pu savoir réellement ce que signifiait ce que je ressentais : j’avais juste besoin d’un modèle, d’informations, de voir. A, on peut trouver des comédiens, actrices & acteurs, artistes, muscien·ne·s transgenres (et dans tant d’autres domaines !), donnant cette visibilité tant nécessaire. Nous avons des scénarios de films et de séries, diffusés au grand public, nous intégrant pour qui nous sommes.

Je ne citerai que quelques noms, mais merci à Elliot Page (il/lui), Jamie Clayton (elle), les sœurs Lana et Lilly Wachowski (elles), et toutes les autres personnes contribuant à nous offrir des modèles, nous donner de la visibilité et évidemment, se battre pour nos droits.

Merci, du fond du cœur.

Chloé D.

Elle/She/Her
Référente Mobilisnoo sur Orange Village à Arcueil, Île-de-France

(Photo de Inti Tupac Liberman via Pexels)

A propos de

Je m’appelle Chloé, je suis née dans le début des années 90 et je suis une femme transgenre.

J’ai commencé à travailler pour Orange en 2019, et je suis passée interne en 2023, quelques mois après avoir fait mon coming-out public.

En semaine je développe des outils en lien avec la relation client, et durant mon temps libre, je joue. À quoi ? À plein de choses ! Jeux de société, jeux de rôles, jeux vidéos, cartes à jouer, je touche à peu près à tout.

J’ai eu l’occasion de témoigner de mon expérience en temps que femme transgenre chez Orange (vous pouvez retrouver la vidéo sur mon Viva Engage), mais également chez AirZen Radio.

Je suis référente Mobilisnoo sur Orange Village à Arcueil, Île-de-France. Vous pouvez me contacter par mail et me retrouver sur Bluesky et Twitch.