Engagements

Accompagnement d’une salariée Trans chez Orange

Transidentite

Une des adhérentes de Mobilisnoo a décidé de faire sa transition et ainsi se sentir enfin libérée et surtout en phase avec elle-même dans son milieu professionnel.

Mobilisnoo a accompagné son parcours dans son unité basée sur deux sites à Lyon et Paris.

Tout a commencé lorsque Claire a décidé de rencontrer son manager et son RH pour leur exprimer son souhait de changer de sexe.
Après ces échanges, l’unité a décidé de tout mettre en œuvre pour que Claire puisse être enfin elle-même sur son lieu de travail.

Une réunion a été organisée par l’unité réunissant le médecin du travail, les managers de Claire, le directeur de la diversité Groupe, le directeur des ressources humaines et le président de Mobilisnoo.
L’objectif de cette réunion était d’accompagner Claire et de bien communiquer auprès des salarié-e-s des deux sites concernés. Une conférence sur le « Mieux comprendre la transidentité en milieu professionnel » , a ainsi été proposée sur les sites, Bachut à Lyon et Bonne Nouvelle à Paris, où Claire se rend souvent.

Après ces conférences, il nous a semblé important d’avoir le ressenti de la principale intéressée que nous avons interviewée :

Mobilisnoo : Bonjour Claire ! Tout d’abord nous souhaiterions savoir comment tu te sens au terme de ces conférences? Libérée ? Soulagée ?
Claire : Bonjour! J’ai constaté lors de la conférence de Lyon que les personnes présentes avaient besoin de beaucoup d’informations générales et me posaient aussi un certain nombre de questions sur mon cas personnel. Ils voulaient sans doute connaitre les conséquences de la transition sur moi, mais aussi sur eux, sur la relation entre eux et moi.
Donc soulagée par l’intérêt porté, par le nombre de personnes présentes. C’était la première fois aussi que je n’assurais pas seule la communication sur ma transition grâce au soutien apporté par l’équipe de médecine du travail, le responsable du site de Bachut, l’association « le jardin des T ».

M : Quel est ton sentiment aujourd’hui, sur la prise en charge par ton unité de ton changement de genre ?
C : j’ai le sentiment que

l’unité a mis en œuvre un projet structuré d’accompagnement

avec l’objectif de répondre à mes attentes et à un enjeu de sérénité pour l’entreprise (entre autre de communication au préalable afin de préparer les personnes à me voir dans ma nouvelle tenue vestimentaire).

M : Comment ont réagi tes collègues suite à l’annonce qui leur a été faite, ou que tu as pu leur faire en direct ?
C : j’ai eu beaucoup de retours qui me signifiaient pour la plupart que ma décision était respectable et courageuse et qu’ils étaient contents d’être prévenus à l’avance. Cette annonce leur laissait le temps de se préparer psychologiquement à mon changement d’apparence et à réfléchir aux réactions que cela pourrait générer. Certains m’ont souhaité de trouver le bonheur et je les remercie tous de ces marques de respect à mon égard.

M : Ton premier jour en tant que femme sur ton lieu de travail approche (le 15 décembre -NDLR-), comment l’imagines-tu ?
C : Cette journée risque d’être tendue, beaucoup m’ayant annoncé ne pas pouvoir imaginer quelle réaction ils auront à notre première rencontre. Mais je suis confiante, en règle générale, si je suis décontractée, les autres personnes le sont aussi, alors je ne m’inquiète pas plus que ça. Les habitudes prendront place de manière progressive, chacun sera libre de me saluer comme il l’entend et prendra le temps qu’il lui faut pour utiliser mon prénom féminin. Il faut en général du temps pour casser le réflexe d’utiliser le prénom usuel initial, car il s’agit bien d’un réflexe, mes propres parents se trompent encore régulièrement….

M : Une équipe s’est constituée en amont pour t’aider à ta transition. Il y avait le médecin du travail de ton unité, tes managers, ton RH mais aussi le directeur de la diversité du Groupe et le président de Mobilisnoo. Ce soutien, cette solidarité, t’ont-ils surpris ?
C : Oui,

je ne m’attendais pas à avoir autant de personnes disposées à entendre mon histoire et à m’accompagner

pour que ma transition se réalise dans les meilleures conditions pour moi et pour le personnel Orange en relation avec moi. Je remercie tout le monde et particulièrement Cyril Bauchais qui m’a « prise en charge » au moment où je me posais la question de comment annoncer et gérer ma volonté de transition.

M : Il y a dans le groupe peut-être d’autres collègues qui s’inscrivent dans la même démarche que la tienne. Que souhaiterais-tu leur dire ?
C : Surtout, ne restez pas avec vos souffrances. Garder pour soi des constats tels que l’homosexualité ou la trans-identité dégrade sa qualité de vie, son lien social et empêche de se réaliser pleinement. On a souvent peur du jugement des autres, et on se surprend à constater qu’il est bien plus bienveillant qu’on ne le pense. Alors lancez vous, ouvrez vous aux autres en étant accompagnés par l’entreprise et par Mobilisnoo.

M : Merci beaucoup Claire d’avoir accepté de témoigner sur ton parcours. Mobilisnoo reste à tes côtés et te souhaite le meilleur.
C : Merci.

Cyril Bauchais, président de Mobilisnoo, a fait partie des réunions organisées par le CODIR dont dépend Claire. Revenons avec lui sur ce partenariat stratégique pour que le message d’inclusion soit bien pris en compte par l’ensemble des acteurs concernés :

Mobilisnoo : Bonjour Cyril, que pouvez-vous dire sur la prise en charge de Claire par son unité ?
Cyril Bauchais : Bonjour!
C’est la première fois qu’une unité Orange prenait à bras-le-corps et d’une façon aussi positive, le parcours d’une salariée Trans.
La directrice des ressources humaines a organisé plusieurs échanges avec la direction de la diversité et avec Mobilisnoo afin que son unité soit prête pour l’accompagnement de Claire, qui ne l’oublions pas est un parcours en général long et très fastidieux.
Le fait qu’une unité se sente aussi impliquée est très encourageant et démontre bien que lorsque tout est pensé en amont et que la communication est souhaitée par le CODIR, tout ne peut que bien se passer.

M : En quoi Mobilisnoo est-elle intervenue ?
CB : Tout d’abord, nous avons beaucoup échangé avec Claire, en tête à tête, afin de lui montrer que Mobilisnoo serait avec elle et ne la laisserait pas. Ensuite, j’ai apprécié l’invitation de la DRH de l’unité demandant à Mobilisnoo de faire partie du dispositif, et ceci dès le début du processus de communication, me permettant ainsi de leur donner des informations ou des conseils pour qu’ils puissent prendre la main avec le maximum d’outils.

M : Est-ce que cela montre qu’Orange est une entreprise « LGBT-friendly*» ?
CB : Ceci montre deux choses importantes.
La première, c’est que dès le début de nos réunions d’échanges, l’unité à clairement montré qu’elle voulait s’investir pleinement et soutenir Claire.
Ce qui est absolument positif et doit être souligné.
La seconde, c’est que le Groupe depuis 2008 avec sa direction de la diversité ne cesse de progresser sur les questions LGBT et s’implique de plus en plus sur ces thématiques. C’est vital pour les salarié-e-s mais aussi pour l’image de notre entreprise.
Mais je reste lucide et je sais que toutes les unités Orange en France ne sont pas encore prêtes à accompagner un-e salarié-e LGBT comme l’a fait l’unité de Lyon, par peur, par méconnaissance du sujet ou par crainte de maladresses.
Et je profite de l’occasion que me donne cette interview, de rappeler que

Mobilisnoo peut aider les unités à s’emparer de ces sujets et les accompagner pour que chaque salarié-e du Groupe puisse se sentir libre et épanoui-e sur son lieu de travail.

M : Merci Cyril pour cet échange.
CB : Merci beaucoup.

Ce matin, la conférence sur le site parisien de Bonne Nouvelle…

*LGBT-friendly = Ami des Lesbienne, Gay, Bisexuel-le et Trans

5 commentaires

  1. Ravie que cela se passe bien, ce n’est pas toujours le cas, même en respectant la charte de l’Autre Cercle, on peut voir naitre de la mauvaise volonté et de l’hypocrisie malsaine, je parle en connaissance de cause.

    Bonne continuation.

  2. Merci pour la censure, vous vous dites ouvert, mais par contre vous niez les trans non-binaires, ce qui veut dire que vous êtes transphobes envers ces identités, inadmissible venant d’une association qui se dit lutter contre la transphobie !

  3. Merci Claire. Je souscris pleinement à ta remarque quand tu dis « On a souvent peur du jugement des autres, et on se surprend à constater qu’il est bien plus bienveillant qu’on ne le pense ». J’ai aussi fait cette expérience. Bon courage 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *