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#JVT2017 : Témoignage de Jonatan

J

On continue notre série de témoignages, avec le second volet de notre triptyque de témoignages avec Jonatan, interviewé par Claire, notre administratrice en charge des questions T.


Claire : Qu’est ce représente pour toi la journée de visibilité Trans du 31 mars ?

Jonatan : Si je devais dire en quelques mots ce que représente la journée de visibilité trans, je pense que cela serait d’expliquer à notre famille, notre entourage pro et perso, que nous sommes des êtres humains avant tout avec un handicap, celui d’être né dans le mauvais corps.

Je ne me suis jamais senti « bête de foire » vis à vis de mes semblables.
Juste en déconnexion avec moi-même…
Je n’ai jamais adhéré à ce qui représente de prés ou de loin les pseudos marches des fiertés dans le sens où, pour moi, cela montre une « mauvaise » image des personnes trans.
On voit des « gens bizarres » déguisés en « folles » faire la fête au lieu de revendiquer des droits de citoyenneté comme le changement d’état civil plus rapide, sans forcement passer devant commission de personnes étroites d’esprit.

Il faut faire reconnaitre aux yeux de tous notre petite différence, car pour moi elle est petite.
Je ne vois pas où est le mal de laisser vivre une personne « né assigné » de sexe masculin à la naissance, alors que son genre peut être féminin. Et il en va de même pour une une personne né de sexe féminin.
Une personne doit avoir le droit de choisir son genre si celui-ci ne correspond pas à son sexe.

Je m’appelle Jonathan, j’ai 39 ans et je vis ma transidentité depuis 3 ans.

Je suis célibataire depuis 2 ans, ce qui me permet de me découvrir mieux chaque jour.
Je compte un jour me mettre en couple et j’avoue que cette étape là me fais un peu peur…

Comment vais-je le dire ?
Je sais que je trouverais les réponses petit à petit.
Je me suis toujours senti homme depuis très jeune.
Avant je me posais beaucoup de questions mais sans avoir de réponses et je laissais tout cela de coté.

Puis un jour j’ai posé une question à Google et j’ai commencé à avoir mes réponses. Depuis ce jour, je vis enfin en phase avec mon « moi ».
Mes collègues sont tous au courant et m’accepte sans aucun problème.
Je suis leur petit jeune comme dise certains. Et oui, car travailler avec des collègues plus vieux de 15 ans, je suis un gamin pour eux.

Je travaille dans le Gers en tant que technicien intervention client à la grande diffusion. Lors de chaque intervention chez un particulier, je me présente en tant que Jonathan.

Je me sens épanoui depuis que je suis sorti « du placard »,  je vis ma vie d’homme aussi bien sur le plan professionnel que personnel.

Ma famille, mes amis, mes collègues et ma hiérarchie me soutiennent dans mes démarches.

Je suis encore loin d’avoir fini toutes les démarches afin d’être reconnu en tant « qu’homme » au sein de la société, mais je le suis déjà dans mon entourage.
Je veux que les choses bougent pour les générations futures.
Qu’un enfant puisse entreprendre son parcours jeune, comme ils le font chez certains de nos voisins européens….

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