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Situation des personnes LGBT dans les pays Orange en 2016

Belgique, Espagne, France et Luxembourg : sur les 30 pays où Orange est présent en tant qu’opérateur grand public, il n’y a que dans ces 4 pays d’Europe de l’Ouest que les droits et l’intégration des personnes LGBT sont les plus avancés…

Cependant, si dans ces 4 pays la situation des lesbiennes, des gays et des bisexuel(le) est globalement satisfaisante sur le plan de l’égalité des droits, d’énormes progrès restent à faire pour les droits des personnes trans, en particulier en ce qui concerne le changement d’état civil et la lutte contre la transphobie.

Pour les personnes trans, le changement d’état civil fait malheureusement encore souvent l’objet d’une procédure trop longue (plusieurs mois voire plusieurs années), et conditionnée à une obligation de stérilisation, comme c’est le cas en France, en Belgique, et au Luxembourg.
La situation en Espagne est un peu meilleure sur ce plan, avec une procédure de changement d’état civil reposant sur la base de « motifs thérapeutiques », avec expertises médicales et psychiatriques… mais on est encore loin de l’objectif d’un changement d’état civil libre et gratuit comme il se pratique dans d’autres pays du globe.

situation des LGBT dans les pays du footprint Orange
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Dans les 4 pays d’Europe de l’Est, la situation des personnes LGBT n’a hélas guère évolué depuis la première édition de notre cartographie en 2012 (visible ici).

Les droits des personnes LGBT dans ces pays sont très peu développés : seuls des principes de non-discrimination au travail liés à l’orientation sexuelle sont censés s’appliquer dans ces pays, et il n’y existe pas de reconnaissance légale des couples homosexuels.
En Pologne et en Moldavie, la récente montée des conservatismes ainsi que le poids important des traditions religieuses légitiment aux yeux de la population un climat d’homophobie et de transphobie qui rend très pénible la vie des personnes LGBT au travail et dans leur vie privée.

Ainsi, le « Rainbow Index » mesuré par l’association ILGA-Europe pour ces 4 pays figure parmi les plus bas d’Europe, avec une valeur inférieure à 30% (à comparer avec l’index de la Belgique qui est à 82%, et celui de l’Espagne qui est à 70%).
La Moldavie arrive en dernière position des pays Orange en Europe, avec un Rainbow Index de seulement 14% et un climat d’homophobie généralisé dont témoignent les récents événements qui ont interrompu la gay pride de Chisinau du 22 mai au bout d’une vingtaine de minutes…

Sur la zone Afrique – Moyen-Orient, là aussi la situation des personnes LGBT n’a malheureusement pas évolué.

Sur les 22 pays de la zone (en comptant le Kenya pour lequel Orange a annoncé fin 2015 l’arrêt prochain de ses opérations), 12 sont des pays avec une législation anti-LGBT.

C’est le cas de l’Egypte qui comporte le plus grand nombre de salariés et de clients Orange de la zone, ainsi que du Maroc, de la Tunisie, de l’Irak, du Sénégal, de la Guinée, de la Sierra Leone, du Liberia, du Cameroun, du Kenya, du Botswana et de l’Île Maurice.

Quant aux personnes LGBT vivant et travaillant dans les 10 autres pays de la zone, même si elles ne risquent pas d’aller en prison ou de se voir infliger une amende à cause de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, elles doivent composer avec un climat d’homophobie et de transphobie très fort pouvant aller jusqu’à des intimidations ou des passages à tabac dans certains cas.

Pour aller plus loin:
– le site du Rainbow Index de l’association ILGA-Europe
– le site de l’ANT (Association Nationale Transgenre) et sa cartographie mondiale des différentes procédures de changement d’état civil
– le site de l’association ILGA où l’on peut consulter le rapport « State-Sponsored Homophobia – a world survey of sexual orientation laws ».

1 commentaire

  1. à noter qu’au Cameroun, en plus de l’article 347 bis du code pénal qui criminalise l’homosexualité, l’article 83 de la loi du 21 décembre 2010 relative à la cyber sécurité et la cybercriminalité punit « d’un emprisonnement d’un an à deux ans et d’une amende de 500 000 à 1 000 000 francs (CFA), ou de l’une des deux peines seulement, celui qui par voies de communication électronique fait des propositions sexuelles à une personne de son sexe »…

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