Le blog
Sébastien B.

Être LGBT dans un pays homophobe

Lynchage : ce mot d’un autre âge doit sa triste renommée aux exactions commises contre les Noirs dans le sud des Etats-Unis, poursuivis par des «comités de vigilance» qui donneront plus tard naissance au Ku Klux Klan.

Des milliers de victimes et des dizaines d’années plus tard, après d’âpres luttes sur toute la planète pour les droits sociaux des populations discriminées, on croyait en avoir fini avec ces comportements barbares. Hélas, l’actualité nous démontre chaque jour qu’il n’en est rien et que la haine de l’autre continue d’être érigée en valeur morale par une grande partie de la population du globe, avec parfois la complicité des États et de leurs législations.

Je veux bien sûr parler de la situation inacceptable dans laquelle se trouvent les LGBT dans les 75 pays qui punissent encore l’homosexualité d’amendes, de peines de prison, et parfois de peine de mort.

Rien qu’en Afrique, ce ne sont pas moins de 34 pays qui condamnent l’homosexualité dans leurs lois, et ce nombre augmente encore lorsqu’on considère la situation dans les pays du Moyen-Orient.

situation des LGBT dans les pays du footprint Orange

Lynchage, le mot n’est-il pas trop fort ?
Qu’on repense aux images de violence envers les homosexuels, tournées par les agresseurs, et qui font le buzz en quelques heures sur les réseaux sociaux!! Au Maroc, tout récemment. En Irak, ces images à vomir d’homos poussés du haut d’immeubles…

Et quand bien même les LGBT ne risqueraient pas leur vie mais «simplement» des peines de prison ou des amendes, imaginez l’extrême difficulté pour vivre dans une société qui vous interdit d’entrer dans certains magasins, ou vous empêche de prendre un taxi, comme au pire temps de la ségrégation. C’est aujourd’hui une réalité en Tunisie, pour ne citer qu’un exemple.

Alors, évidemment, se cacher de peur de se faire tabasser. Ne pas dévoiler sa vie privée, ses sentiments. S’inventer une vie de famille hétéro pour ne rien laisser deviner. Ne pas être soi avec ses proches, ses amis, ses collègues…
On croyait en avoir fini avec tout ça !

Alors il faut lutter et encourager tous ceux qui se battent pour l’égalité des droits dans les pays homophobes. Parce que nous refusons de vivre dans une société qui s’interroge pour savoir s’il faut « brûler les homos ».
Parce que nous refusons d’accepter une société où une partie de la population n’a pas d’autre choix que fuir ou se suicider. Parce que ces personnes qui souffrent sont nos frères et nos sœurs, nos amis, et parfois même nos collègues !

PS: à l’occasion de la journée IDAHOT qui s’annonce, je vous invite à faire un tour du côté de l’association QAYN (Queer African Youth Network) et à lire leur fabuleux magazine Q-Zine dont le numéro 11, paru en janvier 2016, s’intitule tout simplement « La vie ». Poésie, photographie, temoignages : la lutte à visage humain et souriant.

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